Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 129 by Antoine Vincent Arnault
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est l'individu que Naples estime le plus après saint Janvier.
Comme le feu roi Ferdinand IV, Polichinelle n'a jamais parlé que le patois napolitain.
CHAPITRE III.
Les lazzaroni.--Excursion aux environs de Naples.--Le Pausilippe.--Pouzzolles.--Le lac d'Averne.--La grotte de la Sibylle.--Baja.--Le Falerne.--Les Champs-Élysées.--La Solfatarre.--Le temple de Sérapis.--Anecdote.
Qui donc à Paris ne connaît pas aujourd'hui Naples? tant de Parisiens ont été à Naples! et puis Naples n'est-elle pas venue trouver ceux qui n'ont pas pu l'aller chercher? Les panoramas, les décorations donnent de cette ville et de ses environs une idée si précise! Quiconque a vu le troisième acte de la Muette, connaît Naples comme s'il y avait demeuré, et le peuple dont elle fourmille comme s'il avait vécu au milieu de lui.
Peuple heureux! si le bonheur consiste dans les jouissances animales. Sous un ciel toujours clément, quelques aunes de toile suffisent pour vêtir le Napolitain, comme quelques pièces de basse monnaie qu'il gagne sans fatigue lui suffisent pour se procurer la nourriture que prodigue presque spontanément le sol le plus fertile, et même pour se procurer la glace, objet pour lui de première nécessité. Et le logement? me direz-vous. Il le trouve sous les porches des grandes maisons, sous le péristyle des églises; quarante mille individus vivent et pullulent à Naples comme les chiens dans les rues de Constantinople, sans avoir de domicile.
Heureux en effet, parce qu'il n'a pas de besoins qu'il ne puisse satisfaire, le Napolitain ne travaille qu'autant qu'il le faut pour gagner les deux ou trois sous qui lui procureront la poignée de macaroni, le quartier de pastèque, et le verre d'eau glacée dont se compose son repas; après quoi il s'étend sur