Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 149 by Antoine Vincent Arnault
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modé de cette place: celui qui nous reçut était Picard. Nos comptes réglés à sa satisfaction, il nous invita à ne pas partir sans avoir inscrit nos noms sur son registre. Il est peu de voyageurs qui, à cette occasion, n'aient consigné là quelque réflexion, soit sur le but, soit sur le résultat de leur voyage. Par déférence pour cet usage moins peut-être que par taquinerie, je griffonnai sur ce livre, que je savais devoir être présenté à la police, des vers dont voici à peu près le sens:
Soldat du fier Bonaparte, Avec l'altier panache où resplendit sa gloire, Au sommet du Vésuve aujourd'hui j'ai porté Les trois couleurs de la victoire, Les couleurs de la liberté.
La voiture m'attendait à Portici. Elle m'eut bientôt conduit à Pompéi.
La plus grande partie de cette ville que les Français devaient exhumer était encore ensevelie sous les cendres. L'activité avec laquelle Charles III avait commencé ce déblai n'avait pas été imitée par Ferdinand. Le petit nombre d'ouvriers qu'il y avait d'abord employés avait été retiré insensiblement. Il n'y en avait plus un seul quand j'entrai dans ces ruines.
Sans empiéter sur les droits des naturalistes, puis-je dire mon sentiment sur les causes de la catastrophe dans laquelle disparut Pompéi? Elle me semble provenir uniquement des cendres délayées dans de l'eau non bouillante que le Vésuve rejette quelquefois après avoir vomi ses dernières laves. Cela seul peut expliquer la facilité de cette matière à s'insinuer dans toutes les cavités des édifices qu'elle recouvre, et l'exactitude avec laquelle enveloppant les formes des objets qu'elle rencontre elle les reproduit avec la fidélit&e