Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 229 by Antoine Vincent Arnault

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annonçai qu'il serait funeste aux amours qui les avaient tant intéressées, elles se récrièrent tout d'une voix contre cette catastrophe qui, disaient-elles, ne serait pas supportable. Je me rendis; je leur accordai la grâce de Blanche et celle de Montcassin, acte de faiblesse qui heureusement n'était pas irrévocable.

Autre anecdote qui se rapporte à la même tragédie. Mme Buffaut était enceinte alors. Persuadée qu'elle accoucherait d'une fille, elle cherchait quel nom elle lui donnerait, tout en travaillant à sa layette. Lasse des noms de la Fable et des noms de roman, elle en voulait un qui, le prît-on dans le calendrier, fût simple sans être commun. «Appelez-la Blanche, lui dis-je.--Vous avez raison.--Mais n'est-ce pas se hasarder un peu? reprend son mari.--Et pourquoi?--Si ta fille était brune, tu ne lui aurais donné qu'un sobriquet.»

L'observation était juste: à nommer sa fille, Aimée, Amable, Modeste ou Prudence, ou Constance, on court en effet des risques. Que de noms gracieux, à ne considérer que les sujets qui les portent, ne sont que des antiphrases! Mme Buffaut, quoiqu'elle entende quelquefois raison, n'en démordit pas. Sa fille future fut appelée Blanche. Celle-là n'a pas donné un démenti à son nom. C'est Mme de Sampayo.

Sa soeur, Mme de Cubières, avait déjà deux ans. Je l'entends encore chantant de sa voix enfantine:

Les pantins d'Saint-Ouen, d'Saint-Cloud, Dans' bien mieux qu'ceux d'la Villette. Les pantins d'Saint-Ouen, d'Saint-Cloud, Dans' bien mieux que ceux d'chez nous.

C'était sa chanson favorite; et comme elle la répétait souvent pendant que je mettais ma tragédie au net, il m'est arrivé plus d'une fois d'en intercal

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