Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 239 by Antoine Vincent Arnault

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emple ouvert à l'héroïsme par la patrie reconnaissante: Barra et Viala y entrèrent en vertu d'un décret solennel. Tous deux avaient été tués par les insurgés du Midi, l'un pour avoir battu héroïquement du tambour dans le poulailler d'une commune révoltée; l'autre en punition d'une espièglerie encore plus héroïque. Présentant à nu son dos à l'ennemi qui était de l'autre côté de la Durance, ce gamin reçut dans la tête une balle qui ne pouvait pas l'atteindre au visage.

Ces décrets avaient été rendus sur la proposition de Robespierre, dont la politique envieuse aimait mieux ouvrir le Panthéon à des petits garçons qu'à de grands hommes.

Les grandes époques de la révolution, telles que le 14 juillet et le 10 août, étaient célébrées par des anniversaires. Le 21 janvier aussi fut six ans de suite un jour de solennité. Le rayer de la liste des fêtes nationales fut un des premiers actes du consulat de Bonaparte.

Depuis la promulgation du calendrier républicain, qui réduisit à trois par mois le nombre des jours de repos, le décadi remplaçait le dimanche; mais ce dimanche sans messe, sans vêpres et sans pain bénit ne satisfaisait pas aux exigences du peuple. Pour remplacer ces institutions et offrir un aliment à la curiosité de la foule inoccupée, on imagina de consacrer le décadi aux cérémonies qui antérieurement appelaient les familles dans les paroisses, dépositaires alors des registres de l'état civil. C'est ce jour-là seulement que se recevaient les déclarations de naissance, et que les mariages se contractaient au nom de la loi: cela donna au décadi une certaine importance.

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