Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 249 by Antoine Vincent Arnault
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;, ils ne désirent rien plus que d'être commandés par des Français; et peut-être, général, serait-il possible de se les attacher tout-à-fait en les mettant à la solde française. Cette mesure, que le général Gentili voudrait étendre à tous les matelots des pays alliés et de Malte même, donnerait le moyen de remonter promptement la marine de la Méditerranée.
Je n'ai rien de nouveau à vous mander sur l'esprit public: il s'est montré, dans les deux fêtes qui ont suivi la première, tel qu'il avait paru d'abord. Les républicains sont dans la haute classe: c'est ce que mon admission dans quelques maisons nobles m'a mis à même de juger. J'ai trouvé beaucoup de lumières, beaucoup de philosophie dans plusieurs individus de cette société: je regrette que mon prochain départ ne me permette pas de les connaître plus à fond. On trouverait en eux de grandes ressources s'il était question de donner une constitution particulière au peuple vénitien, qu'ils connaissent parfaitement: l'ex-provéditeur Battaïa est un de ceux dont je veux parler.
Je finis cette lettre chez le général Baraguey-d'Hilliers, où se trouve le général Gentili. Le départ est définitivement fixé à après-demain; d'ici à cette époque, si je remarquais quelque chose qui fût digne de votre attention, je m'empresserais de vous en instruire.
Agréez l'assurance de ma reconnaissance et de mon dévouement comme Français.
ARNAULT. ]
[9: Capitaine d'un bâtiment dont l'équipage venait d'être massacré dans le port de Venise.]
[10:
AU GÉNÉRAL EN CHEF.
À bord de la Sensible, le 25 prairial an V (13 juin