Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 259 by Antoine Vincent Arnault

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née de Corfou. Nous ne savons si nous sommes chez des Vénitiens ou chez des Français.

Veuillez aussi, général, me faire connaître votre décision relativement au projet dont je vous ai fait part. Les besoins augmentent tous les jours, et nos ressources à Zante et à Céphalonie sont aussi nulles qu'à Corfou. Toutes les caisses sont vides.

J'ai prié Leclerc de vous présenter une requête en mon nom. La difficulté du voyage de Grèce me ferait préférer de revenir près de vous par l'Italie méridionale. Nous ne sommes qu'à vingt-cinq lieues d'Otrante. Si je pouvais vous être de quelque utilité à Naples, ce serait avec un double plaisir que je ferais ce voyage.

Mon séjour ici n'est plus d'une grande utilité, et je n'aurai plus rien à faire dans les îles du Levant quand j'aurai vu Zante et Céphalonie. Me procurer les moyens de voir le tombeau de Virgile, dont j'ai vu le berceau, serait vous créer de nouveaux droits à ma reconnaissance, qui pourtant ne peut pas être augmentée.

ARNAULT. ]

[15:

AU GÉNÉRAL EN CHEF.

Corfou, le 11 thermidor an V (29 juillet 1797).

Général, les principes d'insurrection qui s'étaient manifestés dans l'île sont tout-à-fait étouffés. Il est probable que le clergé grec, qui les avait provoqués, ne reviendra plus à la charge. Nous avons montré assez de sagacité pour qu'il ne recoure plus à des ruses qui désormais ne seraient pas impunies, et les agens qu'il a compromis, si téméraires ou si stupides qu'ils puissent être, ont vu le danger de trop près pour s'y exposer de nouveau.

Le prétexte de l'insurrection, qui devait soulever l'île tout entière,

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