Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 269 by Antoine Vincent Arnault
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éponse de Naples, et le lazaret d'Otrante étant plus épouvantable qu'une prison, je me suis fait transporter à Brindisi, où l'on vient d'en construire un qui est fort propre et fort élégant. Il a servi de palais à la cour de Naples pendant le séjour que le roi a fait dans cette ville il y a quelques mois.
Arrivé là, j'ai dépêché au général Canclaux, notre ambassadeur, un exprès, qui, dix jours après, m'a rapporté le passeport et les permissions dont j'avais besoin pour me rendre à Naples en poste.
En qualité de commissaire du gouvernement français, j'étais recommandé à tous les gouverneurs des villes, et particulièrement à M. Marulli, qui a été envoyé dans ces provinces avec une petite armée, pour les purger des brigands dont elles sont infestées. Ce général m'a fort bien reçu, et m'a délivré un ordre pour avoir des escortes. Passé Barletta, il a fallu toutefois s'en passer: c'est là pourtant qu'elles sont vraiment nécessaires. On ne traverse pas les Apennins tranquillement, même en plein jour. Nous les avons traversés de nuit sans faire de mauvaises rencontres. Votre fortune nous protégeait.
Il faisait jour encore quand je suis passé près de Cannes. En voyant les bords de l'Aufide et cette plaine à jamais signalée par la victoire, ce n'était pas à Annibal seulement que je pensais.
Je ne dois pas oublier de vous dire, général, qu'à Monopoli, j'ai été obligé de m'arrêter six heures pour faire raccommoder ma voiture, qui s'était rompue contre les débris de la voie Appienne, sur lesquels nous avons roulé un moment. Le gouverneur de la ville a voulu que je quittasse l'auberg