Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 279 by Antoine Vincent Arnault

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antique; mais il n'en peut pas être ainsi de son nom: ce nom n'est pas aussi vieux que sa personne. Polichinelle ne peut pas être un nom latin.

«--C'est ce qui vous trompe, me repartit l'Arcadien. Ce nom est latin, très-latin, tout aussi latin que le nom par lequel Horace et Virgile désignaient un poulet.

«--Un poulet, m'écriai-je, s'appelait pullus gallinaceus dans la langue du siècle d'Auguste, in sterquilinio dum quærit escam pullus gallinaceus, dit le fabuliste. Or, je ne vois guère plus de rapport entre pullus gallinaceus et pullicinella qu'entre Alfana et equus, que des étymologistes font dériver l'un de l'autre.

«--Distinguons, répliqua le savant; le poulet s'appelait aussi en latin pullicenus, dans la langue du siècle de Dioclétien, si ce n'est dans celle du siècle d'Auguste. Lampride dit en parlant de la passion d'Alexandre Sévère pour les oiseaux, et elle était grande puisqu'il comptait vingt mille ramiers dans sa volière, indépendamment des paons, des faisans, des poules; des canards et des perdrix qu'il faisait élever; Lampride dit que pour que cette manie impériale ne fût pas onéreuse au public, ce prince y satisfaisait par la vente de ses oeufs, de ses poulets et de ses pigeonneaux: ex ovis et pullicionis et pipineonibus (Lamp. in vita Alex. Sev., cap. 41). N'y a-t-il pas plus que de l'analogie entre pullicenus et pullicinella? Ce dernier mot ne parait-il pas être un diminutif du premier? Aussi ces archéologues prétendent-ils que ce nom fut donné au Mimus Albus en raison de la conformité de son nez saillant et crochu avec le bec des gallinacées.

«Pullicinellæ speciatim excellant adunco prominenteque naso, rostrum pul

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