Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 289 by Antoine Vincent Arnault
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as à reprendre courage, et débite même plusieurs bons mots sur la beauté de la potence, qu'il compare à un arbre que l'on a sans doute planté devant sa fenêtre pour lui procurer une agréable perspective: «Qu'il sera beau, ajoute-t-il, quand il commencera à porter des feuilles et des fruits!» Quelques hommes apportent une bière qu'ils déposent au pied de la potence. «Eh bien! qu'est-ce que cela veut dire? demande Punch. Ah! c'est sans doute la corbeille pour déposer le fruit de cet arbre.»
Dans l'intervalle, Casch est revenu; il salue Punch et ouvre la porte de la prison en lui disant poliment que tout est prêt, et qu'il n'attend que ses ordres. On pense bien que celui-ci n'est pas trop pressé d'accepter l'invitation. Après une assez longue discussion, Casch s'écrie enfin: «Il faut que vous sortiez pour qu'on vous pende.--Vous ne serez pas assez cruel pour cela, dit Punch.--Pourquoi avez-vous été assez cruel pour tuer votre femme et votre enfant?--Mais cela n'est pas une raison pour que vous aussi soyez cruel et m'ôtiez la vie!» Casch tire Punch par les cheveux, et c'est en vain que celui-ci demande grâce et promet de se corriger. «Non, mon cher Punch, dit froidement Casch, ayez seulement la bonté de placer votre tête dans ce noeud coulant, et tout sera fini.»
Punch feint de la maladresse et place toujours sa tête de travers. «Mon Dieu, s'écrie Casch, que vous êtes maladroit! Voici comment il faut s'y prendre.»
Le bourreau lui montre comment il faut faire. «Je comprends, dit Punch, et puis il faut tirer.» Aussitôt, serrant ferme le bourreau, il le pend lui-même et se cache derrière le mur. Cependant deux hommes arrivent pour enleve