Souvenirs d'un sexagénaire, Tome III, page 79 by Antoine Vincent Arnault
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tifierez que rien n'est faux comme ce qui a été avancé par ce méchant homme.--Mais convient-il à de pauvres prêtres comme nous de se mêler des affaires de l'État?--Pour les gâter? non; pour les raccommoder, oui; d'ailleurs, comme nous seuls aurions droit de vous en faire un crime, vous pouvez être tranquille.--Nous ne savons dans quelle forme faire cette déclaration; veuillez l'écrire, nous la signerons.--Que me proposez-vous là, papa Piero? Comment, avec l'esprit que vous avez, comment ne voyez-vous pas les inconvéniens d'un procédé pareil? En voyant vos signatures au-dessous d'un écrit de ma main, n'en conclurait-on pas qu'elles vous auraient été extorquées? voulez-vous que cette déclaration ait son plein effet?--Sans doute.--Alors, écrivez-la tout entière.--Mais encore que voulez-vous que nous disions?--La vérité. Est-il besoin que je vous la dicte?--Vous m'obligerez fort en me la dictant.--Soit; écrivez: libre à vous de ne pas signer, si je ne vous y fais pas dire ce que vous pensez.»
Il n'y avait plus à reculer. Le prêtre se mit donc à mon bureau et écrivit sous ma dictée ce qui suit:
Les religieux propriétaires de l'église de Saint-Spiridion à leurs concitoyens.
«Des bruits injurieux aux Français et à la vérité ont été répandus parmi le peuple. Des malveillans assurent que les richesses déposées par les fidèles en notre église en ont été arrachées par un abus de la force et de l'autorité. Comme prêtres et comme citoyens, nous attestons sur Dieu et sur l'honneur que le trésor de Saint-Spiridion est entre nos mains dans toute son intégrité, et que la bonté du Ciel, qui a mis cette sai