Six mois dans les Montagnes-Rocheuses, page 119 by Honoré Beaugrand

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les trappeurs, dans leur langage pittoresque, avaient nommés les Trois-Tétons. Ces montagnes que l'on apercevait à une grande distance, servaient de guides et de points de ralliement à tous ces aventuriers qui s'enfonçaient dans la solitude à la recherche des fourrures qui abondaient dans les contrées environnantes.

[Illustration 228] UN CONSEIL DE GUERRE CHEZ LES INDIENS.

Bonneville arriva au rendez-vous, où il avait été devancé par les représentants des compagnies et par plusieurs bandes libres de chasseurs métis et sauvages qui venaient échanger le produit de leur chasse pour les marchandises des traiteurs. Durant un mois, les chasseurs faisaient ripaille, et le Trou de Pierre devenait un véritable caravansérail où l'on buvait, dansait, chantait, jouait et où l'on se battait souvent à la suite des querelles qu'engendrait la réunion d'éléments aussi disparates. Plusieurs tribus indiennes, amies des blancs, venaient aussi camper aux environs pour se procurer des armes, de la poudre et des balles dans le double but de faire la chasse et de se défendre contre les attaques des Pieds-Noirs et des Corbeaux, qui faisaient une guerre de surprises et d'embuscades à tous ceux qui osaient chasser dans les pays voisins.

Les Nez-Percés, les Têtes-Plates, les Pen'd'oreilles, les Cotonnois, les Gros-Ventres formaient une espèce d'alliance offensive et défensive contre les Pieds-Noirs et les Corbeaux; mais ceux-ci, qui étaient plus aguerris et plus nombreux, les poursuivaient partout avec une fureur et un acharnement qui ne s'explique que par le fait que ces sauvages ne vivaient que de guerre et de rapine. Le métier de trappeur était donc des plus dangereux, et il fallait se tenir continuellement sur ses gardes et être prêt à toutes les éventualit&eac

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