Six mois dans les Montagnes-Rocheuses, page 149 by Honoré Beaugrand
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le jeune guerrier qui était démonté, avait tourné pour descendre le vallon, attiré peut-être par un petit groupe de blancs qui se tenaient près de l'agence. Les balles tombaient dru autour de lui. On découvrit plus tard que déjà ses vêtements étaient criblés de balles, mais c'est à ce point seulement qu'il dut recevoir sa première blessure, car tournant soudainement à gauche, avec cet instinct caractéristique des Peaux-Rouges,--l'instinct du lièvre ou du coyote blessé,--il chercha un refuge dans une tranchée faite par le lit desséché d'un torrent et là il lutta avec désespoir jusqu'à ce qu'on l'eût achevé. Ce brave était presque un enfant qui, ainsi qu'on s'en est assuré plus tard, était resté complètement étranger au meurtre de Boyle. Mais il était trop vaillant pour refuser de prendre sa responsabilité du crime commis par son jeune compagnon d'armes.
Nous glissant à travers les broussailles dans sa direction, nous J'aperçûmes enfin. Il était déjà mort. Nous restâmes émus au spectacle de ce jeune homme au visage d'une étrange beauté, couché dans son costume aux brillantes couleurs, les joues couvertes de vermillon, et en voyant son sang rose qni tachetait les feuilles jaunies par l'automne, sur lesquelles il était tombé.
C'était le dénouement du drame et la dette avait été payée à la mode indienne, sang pour sang. Nous apprîmes plus tard que les deux mères indiennes, lorsqu'on leur avait dit que leurs fils devaient mourir, étaient allées dans la montagne et là, en femmes dignes de Sparte, elles avaient bravement orné leurs enfants pour la scène finale; plus bravement encore, elles &eac