Au large de l'Écueil, page 119 by Hector Bernier

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ayé de lui parler tout le long du chemin, depuis l'église à la maison ancienne, est frémissante de peur. Soudain, le regard d'Augustin foudroie Jules trenblant qui devine.

--Je te défends de revoir cette Française, dit-il, avec une colère comprimée jusqu'à l'extrême.

Les deux femmes, pétrifiées, glacées d'effroi, s'enlacent pour avoir le courage d'entendre. Jules va combattre.

--Mais pourquoi, balbutie le jeune homme, un peu machinalement, qui se prépare à la lutte.

--Tu oses me demander pourquoi, s'écrie Augustin, presque violent.

--Mais, mon père...

--Hier encore, tu as passé toute la soirée avec la jeune fille, sur la Terrasse... Vous vous êtes promenés, puis, vous êtes allés au café... Nie-le, maintenant!...

--C'est vrai, mon père...

--Tu as accompagné souvent ces gens-là, mais plus souvent la jeune fille encore... Nie-le, si tu peux!...

--C'est vrai, mon père, dit Jules, soumis, très ferme cependant.

--Le docteur L... m'a dit que ces gens-là, pendant toutes les semaines qu'ils vécurent à Québec, n'allèrent pas à la messe une seule fois! Est-ce vrai?...

--Je crois que c'est vrai...

--Tu le savais donc!... Pourquoi ne vont-ila pas à la messe?...

--Parce qu'ils n'y croient pas...

--Ils sont donc athées!...

--Oui, mon père...

--Le savais-tu, qu'ils étaient des misérables?...

--Oui...

--Le savais-tu, le jour de ton retour, alors que je te l'ai demandé?

--Oui...

--Le savais-tu, quand tu devins leur ami

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