Au large de l'Écueil, page 129 by Hector Bernier

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u Dieu... Comment est-ce elle, et non moi, dont le berceau ne fut pas entouré du ciel? On ne peut s'empêcher d'aimer Jules, est-il étonnant qu'elle l'ait aimé?... Cela fait moins de peine de s'être laissés, quand l'adieu s'échange dans un regard suprême... Ayez pitié d'elle que la destinée brise, permettez-lui d'emporter un souvenir plus doux...

--Toi aussi, ma Jeanne, dit le père, courbant ses épaules sous l'amertume. Eh bien, je resterai seul avec mon chagrin.. Va la voir, ta Française de malheur, puisque je suis seul à la haïr...Mais Je ne cède pas. Je n'accepte pas cet amour!... Il n'y a pas d'amour coupable nécessaire, quand on s'appelle un Hébert!... On n'aime pas, sans y mettre sa volonté molle, une fille impie... Son visage, fût-il une apparition de grâce, n'a jamais prié!... Ses yeux, fussent-ils merveilleusement beaux, ne pénétrèrent jamais dans le ciel!... Sa bouche, eût-elle un dessin irrésistible, avait blasphémé ton Dieu!... Tu devais prendre tous ses charmes en horreur!... Vous pensez tous contre moi, quelque chose d'inflexible m'assure que j'ai raison, et il me faudra bien des heures et bien des jours avant de penser comme vous tous, avant de pardonner.


VIII

Au moment même où Jules Hébert a le coeur à la torture dans le sanctuaire des livres canadiens de son père, Marguerite Delorme, immobile et pensive à l'une des fenêtres du Château-Frontenac, admire longuement le paysage dont elle veut garder le souvenir éternel. A la veille de s'en éloigner pour toujours, elle imprègne sa mémoire de chaque détail pittoresque, et le Saint-Laurent, désormais, fera partie de la substance vive de son âme. C'est une des journées paradisiaques du septemb

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