Au large de l'Écueil, page 139 by Hector Bernier

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mon père...

--Impossible! il est un catholique enraciné, il doit nous haïr...

--Il nous méprisait avant de nous avoir rencontrés... Il croyait que nous étions tous des poseurs à l'indifférence, que nous n'étions pas sincères... Depuis qu'il est convaincu, par nous, qu'il y a des alliées francs, il nous aime, tout en nous combattant!...

--Alors, c'est depuis qu'il t'a vue, qu'il nous aime, répondit Gilbert, que son soupçon de tout-à-l'heure reprenait.

--Il n'a plus de rancune contre nous, mon père c'est tout ce que j'ai dit, balbutie Marguerite, épouvantée par le ton sévère de Gilbert, et craignant d'avoir laissé poindre son secret par mégarde.

--Et si c'était moins les sectaires et tes parents qu'il aime que toi, ma fille?...

--Il ne m'a rien dit de tel, répondit la jeune fille, trahissait une pâleur intense.

--Une femme devine toujours, quand il y a de l'amour autour d'elle!... Et maintenant, je veux réponse nette et libre!... Ce Canadien-Français t'aime-t-il?...

--Je ne saurais dire, murmure-t-elle.

--Tu doutes!... C'est un aveu, cela... Tu sais, tu as la certitude qu'il t'aime!... Il te l'a dit peut-être?...

--Oh! mon père; ce n'est pas vous, cela, vou» me tendez un piège, je viens de vous déclarer que je n'en sais rien...

--Je te demande pardon, ma fille, je ne voulais pas ceci... Mais, vois-tu, à la seule pensée qu'il peut t'aimer, je me révolte!... il ne peut avoir eu cette audace!... Il est ton ami, c'est très-bien, mais pas autre chose!... Et pourtant si c'était vrai!... Je me suis conduit comme un écervelé: laisse-t-on des jeunes gens se voir autant que je vous le

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