Au large de l'Écueil, page 9 by Hector Bernier

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secondes où le passé nous accourt à une allure vertigineuse, quelle place elle avait prise en lui, quel souvenir la Parisienne laisserait derrière elle. Tant de choses lui faisaient oublier qu'elle était Voltairienne: l'imprévu de son esprit, la richesse de son intelligence, l'honnêteté de son âme, la grâce de ses mouvements, la lumière de son sourire, le raffinement de son langage, la sympathie toujours sur le qui-vive, l'intérêt passionné qu'elle avait eu tout de suite pour la race canadienne-française. Elle avait ces grands yeux qui veulent tout comprendre... Et quand elle les dirigeait vers lui, avides de ses paroles, il sentait que celles-ci devenaient plus chaudes, plus vibrantes, souvent plus douces... Une chevelure sombre couronnait ai tête... Et quand la brise du large affolait les mèches brunes, il se croyait meilleur... Un jour que l'on frissonnait et que des couvertures de laine l'enveloppaient presque toute, il eût voulu garder le froid loin d'elle... il ne pouvait séparer son visage d'un portrait de jeune fille par Greuze qui l'avait touché, alors qu'il était plus jeune: c'était la même suavité du regard, la même finesse des détails, la même ardeur voilée sous le repos des traits... Et quand elle était silencieuse, il revoyait l'image de Greuze dans sa chambre... Le paquebot, insouciant, avait dévoré l'étendue... Jules eut la sensation que cela ne recommencerait plus jamais...

--Ainsi, Mademoiselle, vous n'en voulez pas au chef de service qui nous a donné, à table, les sièges voisins..., lui dit-il, avec douceur.

--Non, Monsieur, la destinée fait bien les choses, évidemment...

--Le voyage est fini, bien fini... Avant longtemps, nous serons en face de Québec...

--Le navire file &a

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