Anatomie du Mouvement, poésie , page 9 by Huguette Bertrand

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à grands coups de flots
la sève des marées
embrassa le silence
de ces hommes impunis
et leurs femmes ont craché leurs visages
dans les sables que dévorent
les vaisseaux endormis

elles ouvrent au large
leurs hanches
où le coulis fécond
engrosse leurs rêves
infiniment
dans le goudron

devant ce miroir gris
c'était écrit
que l'oeil magique
fixé sur le ventre de l'idolâtre
labourerait ses nuits
sans mémoire

le jour venu
il n'y aurait plus que des noeuds
sur les murs
et une parade de sentiments
d'origine inconnue
sur l'indifférence du tapis

c'était écrit aussi
que la Marie vengeur
du haut de son rêve
briguerait le suffrage théâtral
et qu'elle contesterait les bonheurs
qui font mal

mais ne réveillez plus la femme
qui n'a pas tort
de se lever en retard
surtout quand elle a passé minuit
sans broncher
devant une fenêtre historique
alors que le monde
sous de lourdes paupières
défilait sans payer
devant un vieux fusil

à l'heure dite
on éteignit les lumières
de la rue
jonchée de foules
sous le manteau d'un ange gris
radoteux

pendant ce temps
la superfemelle
qui avalait goulûment son déjeuner
s'étouffa

et vous êtes parti

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