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cute;tait l'enfant de mon aurore,
Et mon étoile du matin!
Quand la lune claire et sereine
Brillait aux cieux, dans ces beaux mois,
Comme nous allions dans la plaine!
Comme nous courions dans les bois!
Puis, vers la lumière isolée
Êtoilant le logis obscur,
Nous revenions par la vallée
En tournant le coin du vieux mur;
Nous revenions, coeurs pleins de flamme,
En parlant des splendeurs du ciel.
Je composais cette jeune âme
Comme l'abeille fait son miel.
Doux ange aux candides pensées,
Elle était gaie en arrivant ...--
Toutes ces choses sont passées
Comme l'ombre et comme le vent!
O SOUVENIRS! PRINTEMPS! AURORE!
O Souvenir! printemps! aurore!
Doux rayon triste et réchauffant!
--Lorsqu'elle était petite encore,
Que sa soeur était tout enfant ...--
Connaissez-vous sur la colline
Qui joint Montlignon à Saint-Leu,
Une terrasse qui s'incline
Entre un bois sombre et le ciel bleu?
C'est là que nous vivions.--Pénétre,
Mon coeur, dans ce passé charmant!--
Je l'entendais sous ma fenêtre
Jouer le matin doucement.
Elle courait dans la rosée,
Sans bruit, de peur de m'éveiller;
Moi, je n'ouvrais pas ma croisée,
De peur de la faire envoler.
Ses frères riaient ...--Aube pure!
Tout chantait sous ces frais berceaux,
Ma famille avec la nature.
Mes enfants avec les oiseaux?
Je toussais, on devenait brave.
Elle montait à petits pas,
Et me disait d'un air très grave:
J'ai laissé les enfants en bas.
Qu'elle fût bien ou mal coiffée,
Que mon coeur fût triste ou joyeux
Je l'admirais. C'était ma fée,
Et le doux astre de mes yeux!
Nous jouions toute la journée.
O jeux charmants! chers entretie