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Qui rêve soleil, et module
L'hymne d'avril en février.

Pourtant il vente, il pleut à verse;
L'Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon, tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.

Les monts sur l'épaule ont l'hermine,
Comme des magistrats siégeant;
Leur blanc tribunal examine
Un cas d'hiver se prolongeant.

Lustrant son aile qu'il essuie,
L'oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.

Il gronde l'aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.

Il voit le jour derrière l'ombre;
Tel un croyant, dans le saint lieu,
L'autel désert, sous la nef sombre,
Avec sa foi voit toujours Dieu.

A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi!

L'ART

Oui, l'oeuvre sort plus belle
D'une forme au travail

Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses!
Mais que, pour marcher droit,

Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rhythme commode,
Comme un soulier trop grand,

Du mode
Que tout pied quitte et prend!

Statuaire, repousse
L'argile que pétrit

Le pouce
Quand flotte ailleurs l'esprit.

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur

Et rare,
Gardiens du contour pur;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement

S'accuse
Le trait fier et charmant;

D'une main délicate
Poursuis dans un filon

D'agate
Le profil d'Apollon.

Peintre, fuis l'aquarelle,
Et fixe la couleur

Trop frêle
Au four de l'émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons

Leurs queues,

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