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Les monstres des blasons;

Dans son nimbe trilobé
La Vierge et son Jésus,

Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe.--L'art robuste
Seul a l'éternité.

Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur

Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent.
Mais les vers souverains

Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle;
Que ton rêve flottant

Se scelle
Dans le bloc résistant!

VICTOR DE LAPRADE

A UN GRAND ARBRE

L'esprit calme des dieux habite dans les plantes.
Heureux est le grand arbre aux feuillages épais;
Dans son corps large et sain la sève coule en paix,
Mais le sang se consume en nos veines brûlantes.

A la croupe du mont tu sièges comme un roi;
Sur ce trône abrité, je t'aime et je t'envie;
Je voudrais échanger ton être avec ma vie,
Et me dresser tranquille et sage comme toi.

Le vent n'effleure pas le sol où tu m'accueilles;
L'orage y descendrait sans pouvoir t'ébranler;
Sur tes plus hauts rameaux, que seuls on voit trembler,
Comme une eau lente, à peine il fait gémir tes feuilles.

L'aube, un instant, les touche avec son doigt vermeil;
Sur tes obscurs réseaux semant sa lueur blanche,
La lune aux pieds d'argent descend de branche en branche,
Et midi baigne en plein ton front dans le soleil.

L'éternelle Cybèle embrasse tes pieds fermes;
Les secrets de son sein, tu les sens, tu les vois;
Au commun réservoir en silence tu bois,
Enlacé dans ces flancs où dorment tous les germes.

Salut, toi qu'en naissant l'homme aurait adoré!
Notre âge, qui se rue aux luttes convulsives,
Te vo

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