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c;ne avec ta sève pure,
Pour tous, ainsi que toi, bon, riche, hospitalier,
J'abriterais l'abeille et l'oiseau familier
Qui sur ton front touffu répandent le murmure;

Mes feuilles verseraient l'oubli sacré du mal,
Le sommeil, à mes pieds, monterait de la mousse
Et là viendraient tous ceux que la cité repousse
Écouter ce silence où parle l'idéal.

Nourri par la nature, au destin résignée,
Des esprits qu'elle aspire et qui la font rêver,
Sans trembler devant lui, comme sans le braver,
Du bûcheron divin j'attendrais la cognée.

BÉATRIX

Gloire au coeur téméraire épris de l'impossible,
Qui marche, dans l'amour, au sentier des douleurs,
Et fuit tout vain plaisir au vulgaire accessible.

Heureux qui sur sa route, invité par les fleurs,
Passe et n'écarte point leur feuillage ou leurs voiles,
Et, vers l'azur lointain tournant ses yeux en pleurs,

Tend ses bras insensés pour cueillir les étoiles.
Une beauté, cachée aux désirs trop humains,
Sourit à ses regards, sur d'invisibles toiles;

Vers ses ambitions lui frayant des chemins,
Un ange le soutient sur des brises propices;
Les astres bien aimés s'approchent de ses mains;

Les lis du paradis lui prêtent leurs calices.
Béatrix ouvre un monde à qui la prend pour soeur,
A qui lutte et se dompte et souffre avec délices,

Et goûte à s'immoler sa plus chère douceur;
Et, joyeux, s'élançant au delà du visible,
De la porte du ciel s'approche en ravisseur.
Gloire au coeur téméraire épris de l'impossible!

LE DROIT D'AINESSE

Te voilà fort et grand garçon,
Tu vas entrer dans la jeunesse;
Reçois ma d

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