< previous  next > 

179

nnu devant lui va s'ouvrir.

DE BANVILLE

LA CHANSON DE MA MIE

L'eau dans les grands lacs bleus

Endormie,
Est le miroir des cieux:
Mais j'aime mieux les yeux

De ma mie.

Pour que l'ombre parfois

Nous sourie,
Un oiseau chante au bois,
Mais j'aime mieux la voix

De ma mie.

La rosée, à la fleur

Défleurie
Rend sa vive couleur;
Mais j'aime mieux un pleur

De ma mie.

Le temps vient tout briser.

On l'oublie:
Moi, pour le mépriser,
Je ne veux qu'un baiser

De ma mie.

La rosé sur le lin

Meurt flétrie;
J'aime mieux pour coussin
Les lèvres et le sein

De ma mie.

On change tour à tour

De folie
Moi, jusqu'au dernier jour,
Je m'en tiens à l'amour

De ma mie.

A ADOLPHE GAÎFFE

Jeune homme sans mélancolie,
Blond comme un soleil d'Italie,
Garde bien ta belle folie.

C'est la sagesse! Aimer le vin,
La beauté, le printemps divin,
Cela suffit. Le reste est vain.

Souris, même au destin sévère!
Et quand revient la primevère,
Jettes-en les fleurs dans ton verre.

Au corps sous la tombe enfermé
Que reste-t-il? D'avoir aimé
Pendant deux ou trois mois de mai.

"Cherchez les effets et les causes,"
Nous disent les rêveurs moroses.
Des mots! des mots! cueillons les roses.

BALLADE DES PENDUS

Sur ses larges bras étendus,
La forêt où s'éveille Flore,
A des chapelets de pendus
Que le matin caresse et dore.
Ce bois sombre, où le chêne arbore
Des grappes de fruits inouïs
Même chez le Turc et le More,
C'est le verger du roi Louis.

Tous ces pauvres gens morfondus,
Roulant des pensers qu'on ignore, < previous  next >