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> Dans les tourbillons éperdus
Voltigent, palpitants encore.
Le soleil levant les dévore.
Regardez-les, cieux éblouis,
Danser dans les feux de l'aurore.
C'est le verger du roi Louis.

Ces pendus, du diable entendus,
Appellent des pendus encore.
Tandis qu'aux cieux, d'azur tendus,
Où semble luire un météore,
La rosée en l'air s'évapore,
Un essaim d'oiseaux réjouis
Par dessus leur tête picore.
C'est le verger du roi Louis.

ENVOI

"Prince, il est un bois que décore
Un tas de pendus enfouis
Dans le doux feuillage sonore.
C'est le verger du roi Louis."

HENRI DE BORNIER

RÉSIGNONS-NOUS

C'est la saison des avalanches;
Le bois est noir, le ciel est gris,
Les corbeaux dans les plaines blanches,
Par milliers, volent à grands cris;
--Mais, bientôt, de tièdes haleines
Descendront du ciel moins jaloux,
Avril consolera les plaines....

Résignons-nous.

C'est l'orage! Les eaux flamboient
En se heurtant comme des blocs,
Les dogues de l'abîme aboient
Et hurlent en mordant les rocs;
--Mais demain tous ces flots rebelles
Se changeront, unis et doux,
En miroirs pour les hirondelles....

Résignons-nous.

C'est l'âge où l'homme nie et doute:
Soleils couchés et rêves morts!
A chaque tournant de la route,
Ou des regrets ou des remords!
--Mais, bientôt, viendra la vieillesse
Élevant sur nos fronts à tous
La lampe d'or de la sagesse....

Résignons-nous.

Ceux qu'on aima sont dans les tombes,
Les yeux adorés sont éteints,
Dieu rappelle à lui nos colombes
Pour réjouir des cieux lointains....
--Mais, bientôt, d'une âme ravie,
Seigneur! pour les rejoindre en

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