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us et qui tendaient le cou!

Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles
Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent,
--Précoces braconniers,--de revenir souvent,
Tendre en vos corridors des lacets pour les merles!

Mais il fallait quitter les genêts et les monts,
S'en aller au collège étudier des livres,
Et sentir, loin de l'air natal qui vous rend ivres,
S'engourdir ses jarrets et siffler ses poumons;

Passer de longs hivers, dans des salles bien closes,
A regarder la neige à travers les carreaux,
Éternuant dans des auteurs petits et gros,
Et soupirant après les oiseaux et les roses;

Et, l'été, se haussant sur son banc d'écolier,
Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne,
Pour sentir si le vent de la lande prochaine
Ne vous apporte pas le parfum familier....

Enfin, la grille s'ouvre! On retourne au village;
Ainsi que les genêts, notre âme est tout en fleurs,
Et dans les houx remplis de vieux merles siffleurs
On sent un air plus pur qui vous souffle au visage.

On retrouve l'enfant blonde avec qui cent fois
On a jadis couru la forêt et la lande;
Elle n'a point changé,--sinon, qu'elle est plus grande,
Que ses yeux sont plus doux et plus douce sa voix.

--"Revenons aux genêts!--Je le veux bien!" dit-elle.
Et l'on va, côte à côte, en causant, tout troublés
Par le souffle inconnu qui passe sur les blés,
Par le chant d'une source, ou par le bruit d'une aile.

Les genêts ont grandi, mais pourtant moins que nous:
Il faut nous bien baisser pour passer sous leurs branches,
Encore accroche-t-elle un peu ses coiffes blanches;
Quant à moi, je me mets simplement à genoux.

Et nous parlons des temps lointains, des courses folles,
Des nids ravis ensemble, et de ces riens charmants<

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