< previous  next > 

28

nison sous ta souche:
Dans les pertuis de ton tronc

Tout du long
Les avettes ont leur couche.

Le chantre rossignolet

Nouvelet
Courtisant sa bien aimée,
Pour ses amours alleger

Vient loger
Tous les ans en ta ramée.

Sur ta cyme il fait son ny

Tout uny
De mousse et de fine soye
Où ses petits esclorront,

Qui seront
De mes mains la douce proye.

Or vy, gentil aubespin,

Vy sans fin,
Vy sans que jamais tonnerre
Ou la cognée ou les vents

Ou les temps
Te puissent ruer par terre.

ÉLÉGIE CONTRE LES BÛCHERONS DE LA FORÊT DE GASTINE

Escoute, bucheron, arreste un peu le bras:
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang lequel degoute à force
Des nymphes qui vivoient dessous la dure escorce?
Sacrilege meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de detresses
Merites-tu, meschant, pour tuer nos deesses?

Forest, haute maison des oiseaux bocagers!
Plus le cerf solitaire et les chevreuls legers
Ne paistront sous ton ombre, et ta verte criniere
Plus du soleil d'esté ne rompra la lumiere.

Plus l'amoureux pasteur sus un tronq adossé,
Enflant son flageolet à quatre trous perse,
Son mastin à ses pieds, à son flanc la houlette,
Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette:
Tout deviendra muet; Echo sera sans vois;
Tu deviendras campagne, et en lieu de tes bois,
Dont l'ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue;
Tu perdras ton silence, et Satyres et Pans,
Et plus le cerf chez toy ne cachera ses fans.

Adieu, vieille forest, le jouet de Zephire,
Où premier j'accorday les langues de ma lyre,
Où premier j'entendi les flèches resonner
D'Apollon, q

 < previous  next >