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pourras recognoistre l'idée
De la beauté qu'en ce monde j'adore.
L'AMOUR DU CLOCHER
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parens le reste de son âge!
Quand reverray-je, hélas! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Reverray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage?
Plus me plaist le sejour qu'ont basty mes ayeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaist l'ardoise fine;
Plus mon Loyre gaulois que le Tybre latin,
Plus mon petit Lire que le mont Palatin
Et plus que l'air marin la douceur Angevine.
D'UN VANNEUR DE BLED, AUX VENTS
A vous, trouppe legere,
Qui d'aile passagere
Par le monde volez
Et d'un sifflant murmure
L'ombrageuse verdure
Doucement esbranlez:
J'offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces merveillettes roses,
Tout freschement ecloses,
Et ces oeillets aussi.
De vostre douce haleine
Eventez ceste plaine,
Eventez ce sejour,
Ce pendant que j'ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.
D'AUBIGNÉ
L'HYVER
Mes volages humeurs, plus sterilles que belles,
S'en vont; et je leur dis: Vous sentez, irondelles,
S'esloigner la chaleur et le froid arriver.
Allez nicher ailleurs, pour ne tascher, impures,
Ma couche de babil et ma table d'ordures;
Laissez dormir en paix la nuict de mon hyver.
D'un seul point le soleil n'esloigne l'hémisphère;
Il jette moins d'ardeur, mais autant de lumiere.
Je change sans regrets, lorsque je me repens
Des frivoles amours et de leur artifice.
J'ayme l'hyver qui vient purger mon co