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ute;, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs!
Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes mâles accents;
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire

Aux armes, citoyens! etc.

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus;
Nous y trouveront leur poussière
Et la trace de leurs vertus!
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre!

Aux armes, citoyens! formez vos bataillons!

Marchons, marchons!
Qu'un sang impur abreuve nos sillons.

ANDRÉ CHÈNIER

LA JEUNE CAPTIVE

"L'épi naissant mûrit de la faux respecté;
Sans crainte du pressoir, le pampre tout l'été

Boit les doux présents de l'aurore;
Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui,
Quoi que l'heure présente ait de trouble et d'ennui,

Je ne veux pas mourir encore.

"Qu'un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort,
Moi je pleure et j'espère; au noir souffle du nord

Je plie et relève ma tête.
S'il est des jours amers, il en est de si doux!
Hélas! quel miel jamais n'a laissé de dégoûts?

Quelle mer n'a point de tempête ?

"L'illusion féconde habite dans mon sein:
D'une prison sur moi les murs pèsent en vain,

J'ai les ailes de l'espérance.
Echappée aux réseaux de l'oiseleur cruel,
Plus vive, plus heureuse, aux campagnes du ciel

Philomèle chante et s'élance.

"Est-ce à moi de mourir? Tranquille je m'endors,
Et tranquille je veille, et ma veille aux remords

Ni mon sommeil ne sont en proie.
Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux;
Sur des fronts abattus mon aspect

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