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ve;s vilain....
Je suis vilain,
Vilain, vilain.
Ah! sans un de j'aurais dû naître;
Car, dans mon sang si j'ai bien lu,
Jadis mes aïeux ont d'un maître
Maudit le pouvoir absolu.
Ce pouvoir, sur sa vieille base,
Étant la meule du moulin,
Ils étaient le grain qu'elle écrase.
Je suis vilain et très vilain,
Je suis vilain,
Vilain, vilain.
Jamais aux discordes civiles
Mes braves aïeux n'ont pris part;
De l'Anglais aucun dans nos villes
N'introduisit le léopard;
Et quand l'Église, par sa brigue,
Poussait l'État vers son déclin,
Aucun d'eux n'a signé la Ligue.
Je suis vilain et très vilain,
Je suis vilain,
Vilain, vilain.
Laissez-moi donc sous ma bannière,
Vous, messieurs, qui, le nez au vent,
Nobles par votre boutonnière,
Encensez tout soleil levant.
J'honore une race commune,
Car, sensible, quoique malin,
Je n'ai flatté que l'infortune.
Je suis vilain et très vilain,
Je suis vilain,
Vilain, vilain.
MON HABIT
Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime!
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans je te brosse moi-même,
Et Socrate n'eût pas fait mieux.
Quand le sort à ta mince étoffe
Livrerait de nouveaux combats,
Imite-moi, résiste en philosophe:
Mon vieil ami, ne nous séparons pas.
Je me souviens, car j'ai bonne mémoire,
Du premier jour où je te mis.
C'était ma fête, et, pour comble de gloire,
Tu fus chanté par mes amis.
Ton indigence, qui m'honore,
Ne m'a point banni de leurs bras.
Tous ils sont prêts à nous fêter encore:
Mon vieil ami, ne nous séparons pas.
A ton revers j'admire une reprise:
C'est encore un doux souvenir.
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