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Feignant un soir de fuir la tendre Lise,
Je sens sa main me retenir.
On te déchire, et cet outrage
Auprès d'elle enchaîne mes pas.
Lisette a mis deux jours à tant d'ouvrage:
Mon vieil ami, ne nous séparons pas.
T'ai-je imprégné des flots de musc et d'ambre
Qu'un fat exhale en se mirant?
M'a-t-on jamais vu dans une antichambre
T'exposer au mépris d'un grand?
Pour des rubans la France entière
Fut en proie à de longs débats;
La fleur des champs brille à ta boutonnière:
Mon vieil ami, ne nous séparons pas.
Ne crains plus tant ces jours de courses vaines
Où notre destin fut pareil;
Ces jours mêlés de plaisirs et de peines,
Mêlés de pluie et de soleil.
Je dois bientôt, il me le semble,
Mettre pour jamais habit bas.
Attends un peu; nous finirons ensemble:
Mon vieil ami, ne nous séparons pas.
LES ÉTOILES QUI FILENT
Berger, tu dis que notre étoile
Règle nos jours et brille aux cieux.
--Oui, mon enfant; mais dans son voile
La nuit la dérobe à nos yeux.
--Berger, sur cet azur tranquille
De lire on te croit le secret:
Quelle est cette étoile qui file,
Qui file, file, et disparaît?
--Mon enfant, un mortel expire;
Son étoile tombe à l'instant.
Entre amis que la joie inspire,
Celui-ci buvait en chantant.
Heureux, il s'endort immobile
Auprès du vin qu'il célébrait....
--Encore une étoile qui file,
Qui file, file, et disparaît.
--Mon enfant, qu'elle est pure et belle!
C'est celle d'un objet charmant:
Fille heureuse, amante fidèle,
On l'accorde au plus tendre amant.
Des fleurs ceignent son front nubile,
Et de l'hymen l'autel est prêt....
--Encore une étoile qui fi