Oliver Twist, page 69 by Charles Dickens

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d d'une meule de foin et résolut d'y attendre le jour. Il éprouva d'abord un sentiment de crainte en entendant le vent siffler tristement sur la campagne déserte, Il avait froid et faim, et se trouvait plus seul que jamais; la fatigue de la marche lui procura pourtant un prompt sommeil, et il oublia ses peines.

Le matin, en se levant, il se sentit engourdi par le froid, et il avait si faim qu'il acheta du pain pour un penny au premier village qu'il traversa, il n'avait pas fait plus de douze milles quand la nuit le surprit de nouveau; ses pieds étaient enflés et ses jambes si faibles qu'elles tremblaient sous lui; une seconde nuit passée à la belle étoile, par un temps froid et humide, acheva d'épuiser ses forces; et quand il voulut le matin continuer son voyage, il pouvait à peine se traîner, il attendit au pied d'une côte assez roide qu'une diligence vînt à passer, et il demanda l'aumône aux voyageurs de l'impériale; il n'y eut presque personne qui fit attention à lui; ceux qui le remarquèrent, lui dirent d'attendre qu'on fût arrivé au haut de la côte, et de leur montrer ensuite combien de temps il pouvait courir pour un demi- penny. Le pauvre Olivier essaya de suivre la diligence; mais il ne le put, à cause de son épuisement et de ses pieds tout meurtris; alors les voyageurs de l'impériale remirent leur demi-penny dans leur poche, en disant que c'était un petit fainéant, qui ne méritait rien. La diligence s'éloigna, ne laissant derrière elle qu'un nuage de poussière.

Dans quelques villages, de grands poteaux étaient plantés sur la route, et portaient un écriteau annonçant que quiconque mendierait serait mis en prison; cet avis effrayait beaucoup Olivier, et il s'éloignait au plus vite. Ailleurs, il s'arrêtait devant les cours d'auberge et regardait piteuse

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