Oliver Twist, page 89 by Charles Dickens
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première loi de la nature; s'il l'eût connu, peut-être eût-il été préparé à ce qui arrivait; mais, dans son ignorance, il fut encore plus effrayé; aussi courait-il comme le vent, avec le vieux monsieur et les deux garçons à ses trousses.
«Au voleur! au voleur!» il y a quelque chose de magique dans ce cri; le marchand quitte son comptoir et le charretier sa charrette; le boucher laisse là son panier, le boulanger sa corbeille, le laitier son seau, le commissionnaire ses paquets, l'écolier ses billes, le paveur sa pioche, et l'enfant sa raquette. Tous s'élancent pêle-mêle, en désordre, tout d'un trait, criant, hurlant, culbutant les passants au détour des rues, excitant les chiens et effarouchant les poules. Rues, places, passages, tout retentit bientôt du même cri: «Au voleur! au voleur!» cent voix répètent ce cri, et la foule augmente à chaque coin de rue. Elle continue sa course, patauge dans la boue ou fait résonner les trottoirs du bruit de ses pas; les fenêtres s'ouvrent, on sort des maisons, on se précipite en avant. Tout l'auditoire abandonne Polichinelle au beau milieu de l'action, et se joint à la foule en donnant une nouvelle force à ce cri: «Au voleur! au voleur!»
«Au voleur! au voleur!» L'homme a dans le coeur la passion enracinée de poursuivre quelque chose. Un malheureux enfant hors d'haleine, haletant de fatigue, à demi mort de frayeur, le visage ruisselant de sueur, redouble d'efforts pour garder l'avance sur ceux qui le poursuivent; on le suit à la piste, on gagne à chaque instant du terrain sur lui, et, à mesure que ses forces décroissent, les cris redoublent, les huées augmentent; «Au voleur! arrêtez-le!» s'écrie-t-on avec joie; ah! sans doute, arrêtez-le pour l'am