Oliver Twist, page 99 by Charles Dickens
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gèrement.
«Faites prêter serment à cet individu, grommela Fang de mauvaise grâce. Allons, qu'avez-vous à dire?
- Voici, dit le libraire. J'ai vu trois garçons, celui qui est arrêté et deux autres, qui flânaient de l'autre côté de la rue tandis que monsieur lisait. C'est un des deux autres qui a commis le vol; je l'ai vu de mes yeux et j'ai vu aussi l'étonnement et la stupéfaction de celui qui est devant vous.»
Tout en parlant, l'honnête libraire reprenait haleine, et il put raconter en détail toutes les circonstances du larcin.
- Pourquoi ne pas être venu plus tôt? demanda M. Fang près un moment de silence.
- Je n'avais personne pour garder la boutique, répondit le libraire; tout le monde s'était mis à la poursuite du voleur; il n'y a que cinq minutes que j'ai trouvé quelqu'un, et je suis venu tout courant.
- La partie civile était en train de lire, n'est-ce pas? demanda Fang après un autre silence.
- Oui, répondit le témoin, le livre qu'il tient encore à la main.
- Ah! ah! ce livre? dit Fang, l'a t'il payé?
- Non, pas encore, répondit le libraire en souriant.
- Je n'y ai pas songé, en effet, mon brave homme! s'écria ingénument le vieux monsieur distrait.
- Voilà un bel accusateur pour venir poursuivre en justice un pauvre enfant, dit Fang en faisant des efforts comiques pour avoir l'air compatissant. Je trouve, monsieur, que vous vous êtes emparé de ce livre d'une manière blâmable, pour ne pas dire plus, et il est fort heureux pour vous que le libraire ne vous poursuive pas pour ce fait: que ceci vous serve de leçon, monsieur, ou vous tomberiez sous le coup de la loi. Je lève la condamnation prononcée contre l'enfant. Évacuez la salle.
- Morbleu!