Les grandes espérances, page 119 by Charles Dickens
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nt des bijoux sur la poitrine et dans les cheveux.
Estelle, de son côté, me traita comme la première fois, à l'exception qu'elle ne daigna pas me parler. Quand nous eûmes joué une demi-douzaine de parties, on m'indiqua le jour où je devais revenir, et l'on me fit descendre dans la cour, comme précédemment, pour me jeter ma nourriture comme à un chien. Puis on me laissa seul, aller et venir, comme je le voudrais.
Il n'est pas très utile de rechercher s'il y avait une porte dans le mur du jardin la première fois que j'y avais grimpé pour regarder dans ce même jardin, et si elle était ouverte ou fermée. C'est assez de dire que je n'en avais pas vu alors, et que j'en voyais une maintenant. Elle était ouverte, et je savais qu'Estelle avait reconduit les visiteurs, car je l'avais vue s'en revenir la clef dans la main; j'entrai dans le jardin et je le parcourus dans tous les sens. C'était un lieu solitaire et tranquille; il y avait des tranches de melons et de concombres, qui, mêlées à des restes de vieux chapeaux et de vieux souliers, avaient produit, en se décomposant, une végétation spontanée, et par-ci, par-là, un fouillis de mauvaises herbes ressemblant à un poêlon cassé.
Quand j'eus fini d'examiner le jardin et une serre, dans laquelle il n'y avait rien qu'une vigne détachée et quelques tessons de bouteilles, je me retrouvai dans le coin que j'avais vu par la fenêtre. Ne doutant pas un seul instant que la maison ne fût vide, j'y jetai un coup d'oeil par une autre fenêtre, et je me trouvai, à ma grande surprise, devant un grand jeune homme pâle, avec des cils roux et des cheveux clairs.
Ce jeune homme pâle disparut pour reparaître presque aussitôt à côté de moi. Il était occupé devant des l