Les grandes espérances, page 169 by Charles Dickens

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'est à elle que j'avais demandé aide et assistance. Biddy causait tranquillement, elle ne pleurait plus, et il me semblait, en songeant à tout cela et en la regardant, que je n'avais peut-être pas été suffisamment reconnaissant envers elle; que j'avais été trop réservé, et surtout que je ne l'avais pas assez honorée, ce n'est peut-être pas précisément le mot dont je me servais dans mes méditations, de ma confiance.

«Oui, Biddy, dis-je, après avoir mûrement réfléchi, tu as été mon premier maître, et cela à une époque où nous ne pensions guère nous trouver un jour réunis dans cette cuisine.

--Ah! la pauvre créature! s'écria Biddy, comme si cette remarque lui eût rappelé qu'elle avait oublié pendant quelques instants d'aller voir si ma soeur avait besoin de quelque chose, c'est malheureusement vrai!

--Eh bien! dis-je, il faut causer ensemble un peu plus souvent, et pour moi, je te consulterai aussi comme autrefois. Dimanche prochain, allons faire une tranquille promenade dans les marais, Biddy, et nous causerons tout à notre aise.»

Ma soeur ne restait jamais seule; mais Joe voulut bien prendre soin d'elle toute l'après-midi du dimanche, et Biddy et moi nous sortîmes ensemble. C'était par un beau jour d'été. Quand nous eûmes traversé le village, passé l'église et puis le cimetière, et que nous fûmes sortis des marais, j'aperçus les voiles des vaisseaux gonflées par le vent; et je commençai alors, comme toujours, à mêler miss Havisham et Estelle aux objets que j'avais sous les yeux. Nous nous assîmes au bord de la rivière, où l'eau en bouillonnant venait se briser sous nos pieds; et ce doux murmure rendait encore le paysage

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