Les grandes espérances, page 229 by Charles Dickens

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te; bien des pertes, car il portait au moins quatre anneaux de deuil, sans compter une broche représentant une dame et un saule pleureur devant une tombe surmontée d'une urne. Je remarquai aussi que plusieurs anneaux et un certain nombre de cachets pendaient à sa chaîne de montre, comme s'il eût été surchargé de souvenirs d'amis qui n'étaient plus. Il avait des yeux brillants, petits, perçants et noirs, des lèvres minces et entr'ouvertes, et avec cela, selon mon estimation, il devait avoir de quarante à cinquante ans.

«Ainsi donc vous n'êtes encore jamais venu à Londres? me dit M. Wemmick.

--Non, dis-je.

--J'ai moi-même été autrefois aussi neuf que vous ici, dit M. Wemmick, c'est une drôle de chose à penser aujourd'hui.

--Vous connaissez bien tout Londres, maintenant?

--Mais oui, dit M. Wemmick, je sais comment tout s'y passe.

--C'est donc un bien mauvais lieu? demandai-je plutôt pour dire quelque chose que pour me renseigner.

--Vous pouvez être floué, volé et assassiné à Londres; mais il y a partout des gens qui vous en feraient autant.

--Il y a peut-être quelque vieille rancune entre vous et ces gens-là? dis-je pour adoucir un peu cette dernière phrase.

--Oh! je ne connais pas les vieilles rancunes, repartit M. Wemmick. Il n'y a guère de vieille rancune quand il n'y a rien à y gagner.

--C'est encore pire.

--Vous croyez cela? reprit M. Wemmick.

--Ma foi, je ne dis pas non.»

Il portait son chapeau sur le derrière de la tête et regardait droit devant lui, tout en marchant avec indifférence dans les rues comme s'il n'y avait rien qui pût attirer son attention. Sa bouche était ouverte comme le trou d'une boîte aux lettres, et il avait l'air de sourire m

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