Les grandes espérances, page 369 by Charles Dickens

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et principalement sur la route que nous suivions en voyageant, et sur les endroits remarquables de Londres de ce côté de la ville, et ainsi de suite. La grande ville lui était presque inconnue, me dit-elle, car elle n'avait jamais quitté les environs de miss Havisham jusqu'à son départ pour la France, et elle n'avait fait qu'y passer en allant et en revenant. Je lui demandai si mon tuteur devait beaucoup s'occuper d'elle pendant qu'elle resterait à Richmond; ce à quoi elle répondit avec feu:

«Dieu m'en préserve!»

Et rien de plus.

Cependant, il m'était impossible de ne pas voir qu'elle mettait tous ses soins à m'attirer, qu'elle se rendait très séduisante: elle n'avait pas besoin de prendre tant de peine. Mais cela ne me rendait pas plus heureux. Elle tenait mon coeur dans sa main, parce qu'elle avait la volonté de s'en emparer, de le briser et de le jeter au vent, et non parce qu'elle avait pour moi la moindre tendresse. Voilà ce que je sentais.

En traversant Hammersmith, je lui montrai la demeure de M. Mathieu Pocket, en lui disant que ce n'était pas bien éloigné de Richmond, et que j'espérais bien la voir quelquefois.

«Oh! oui, vous me verrez.... Vous viendrez quand vous le jugerez convenable.... On doit vous annoncer à la famille.... On vous a même déjà annoncé.»

Je lui demandai si c'était une famille nombreuse que celle dont elle allait faire partie.

«Non, il n'y a que deux personnes: la mère et la fille; la mère est une dame d'un certain rang, je crois, mais qui ne dédaigne pas d'augmenter son revenu.

--Je m'étonne que miss Havisham ait pu se séparer de vous encore une fois et si tôt.

--Cela fait partie de ses projets sur moi, Pip, dit Estelle avec un soupir comme si elle éta

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