Les grandes espérances, page 379 by Charles Dickens

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ique, précis, et de sang-froid. Quand j'avais porté toutes mes dettes sur ma liste, je pointais et numérotais les factures. Chaque fois que j'inscrivais un numéro, j'éprouvais une véritable sensation de plaisir. Quand je n'avais plus rien à numéroter, je pliais toutes mes factures d'une manière uniforme, j'inscrivais le montant sur le dos de chacune d'elles et les liais en un seul paquet symétrique; puis je faisais la même opération pour les comptes d'Herbert, qui convenait modestement qu'il n'avait pas mon génie administratif, et qui sentait que j'avais apporté quelque lumière dans ses affaires.

Mon système avait encore un autre côté brillant: c'était ce que j'appelais «laisser une marge.» Supposons, par exemple, que les dettes d'Herbert se montassent à cent soixante-quatre livres quatre shillings et deux pence, je disais:

«Laissez une marge, et portez-les à deux cents livres.»

Ou, supposons que les miennes montassent à quatre fois autant, je laissais une marge et je les portais à sept cents livres. J'avais la plus haute opinion de la sagesse de cette marge. Mais je suis forcé de convenir, en regardant en arrière, que je crois que ce fut un système coûteux, car nous recommencions aussitôt à faire de nouvelles dettes, pour combler la marge; et quelquefois, vu les idées de liberté et de solvabilité qu'elle comportait, nous étions promptement forcés d'avoir recours à une nouvelle marge.

À la suite d'un examen de ce genre, il y avait généralement un calme, un repos, un vertueux silence, qui me donnait pour le moment une opinion admirable de moi-même. Satisfait de mes efforts, de ma méthode et des compliments d'Herbert, je restais assis, avec son paquet symétrique et le mien pos&ea

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