Les grandes espérances, page 479 by Charles Dickens
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moi et légèrement sur lui.
«Quand les témoins furent appelés, je remarquai comment on pouvait jurer que c'était toujours moi qui m'étais présenté--comment c'était toujours à moi que l'argent avait été payé--comment c'était toujours moi qui semblais avoir fait la chose et profité du gain.
«Mais quand ce fut le tour de la défense, je vis plus distinctement encore quel était le plan de Compeyson; car son avocat avait dit:
«--Milord et Messieurs, vous avez devant vous, côte à côte sur le même banc, deux individus que vous ne devez pas confondre: l'un, le plus jeune, bien élevé, dont on parlera comme il convient; l'autre, mal élevé, auquel on parlera comme il convient. L'un, le plus jeune, qu'on voit rarement apparaître dans les affaires de la cause, si jamais on l'y voit, est seulement soupçonné; l'autre, le plus âgé, qu'on voit toujours agir dans ces mêmes affaires, mène le crime au logis. Pouvez-vous balancer, s'il n'y a qu'un coupable dans cette affaire, à dire lequel ce doit être? et, s'il y en a deux, lequel est pire que l'autre?»
«Et ainsi de suite, et quand on arriva aux antécédents, il se trouva que Compeyson avait été en pension, que ses camarades de pension étaient dans telle ou telle position; plusieurs témoins l'avaient connu au club et dans le monde, et n'avaient que de bons renseignements à donner sur lui.
«Quant à moi, j'étais en récidive et l'on m'avait vu constamment par voies et chemins, dans les maisons de correction et sous clef.
«Quand vint le moment de parler aux juges, qui donc, sinon Compeyson, leur parla, en laissant retomber de temps en temps son visage dans son mouchoir blanc, et avec des vers dans s