Les grandes espérances, page 489 by Charles Dickens
<< Return to Title Details & Download490
ummle, par la fenêtre, saisir les rênes de son cheval et se mettre en selle, avec sa manière maladroite et brutale, en chancelant à droite, à gauche, en avant et en arrière. Je croyais qu'il était parti, quand il revint demander du feu pour le cigare qu'il tenait à la bouche, et qu'il avait oublié d'allumer. Un homme, dont les vêtements étaient couverts de poussière, apporta ce qu'il réclamait. Je ne pourrais pas dire d'où il sortait, était-ce de la cour intérieure, de la rue ou d'autre part? Et comme Drummle se penchait sur sa selle en allumant son cigare, en riant et en tournant la tête du côté des fenêtres de l'auberge, le balancement d'épaules et le désordre des cheveux de cet homme me fit souvenir d'Orlick.
Trop complètement hors de moi pour m'inquiéter si c'était lui ou non ou pour toucher au déjeuner, je lavai ma figure et mes mains salies par le voyage, et je me rendis à la mémorable vieille maison, qu'il eût été beaucoup plus heureux pour moi de n'avoir jamais vue, et dans laquelle jamais je n'aurais dû entrer.
CHAPITRE XV.
Dans la chambre où était la table de toilette et où les bougies brûlaient accrochées à la muraille, je trouvai miss Havisham et Estelle. Miss Havisham, assise sur un sofa près du feu, et Estelle sur un coussin à ses pieds. Estelle tricotait et miss Havisham la regardait. Toutes deux levèrent les yeux quand j'entrai, et toutes deux remarquèrent du changement en moi. Je vis cela au regard qu'elles échangèrent.
«Et quel vent, dit miss Havisham, vous pousse ici, Pip?»
Bien qu'elle me regardât fixement, je vis qu'elle était quelque peu confuse. Estelle posa son ouvrage sur ses genoux, leva les yeux sur nous, puis se remi