Les grandes espérances, page 499 by Charles Dickens
<< Return to Title Details & Download500
voir Drummle; que je ne pourrais pas supporter d'être assis dans la voiture et m'entendre adresser la parole; que je ne pouvais rien faire de mieux pour moi-même que de me fatiguer.
Il était plus de minuit quand je traversai le pont de Londres. Passant par les étroits labyrinthes des rues qui, à cette époque, longeaient à l'ouest la rive du fleuve qui faisait partie du comté de Middlesex, mon plus court chemin pour gagner le Temple était de suivre la rivière par Whitefriars. On ne m'attendait que le lendemain, mais j'avais mes clefs, et si Herbert était couché, je pouvais gagner mon lit sans le déranger.
Comme il arrivait rarement que j'entrasse par la porte de Whitefriars, quand le Temple était fermé, et que j'étais très crotté et très fatigué, je ne me formalisai pas, en voyant le portier m'examiner avec beaucoup d'attention en tenant la porte entr'ouverte pour me laisser passer. Pour aider sa mémoire je lui dis mon nom.
«Je n'en étais pas bien certain, monsieur, mais je le pensais. Voici une lettre, monsieur; la personne qui l'a apportée a dit que vous soyez assez bon pour la lire à la lanterne.»
Très surpris de cette recommandation, je pris la lettre. Elle était adressée à Philip Pip, Esquire, et au haut de l'enveloppe étaient ces mots:» VEUILLEZ LIRE CETTE LETTRE ICI MÊME.» Je l'ouvris, le portier m'éclairait, et je lus de la main de Wemmick:
«NE RENTREZ PAS CHEZ VOUS!»
Toutes les fantaisies et les bruits de la nuit qui m'assiégeaient disaient le même refrain: NE RENTREZ PAS CHEZ VOUS! Cette phrase s'insinuait dans tout ce que je pensais, comme l'aurait fait une douleur physique. Il n'y avait pas longtemps, j'avais lu dans les journaux qu'un inconnu était venu aux Hummums dans la nuit, s'&