Les grandes espérances, page 519 by Charles Dickens
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on devant l'escalier du Temple, et l'attachai à un endroit où je pouvais l'atteindre en une ou deux minutes, puis je commençai à me promener dedans comme pour m'exercer, quelquefois seul, quelquefois avec Herbert. Je sortais souvent, malgré le froid, la pluie et le grésil, et quand je fus sorti ainsi un certain nombre de fois, personne ne fit plus attention à moi. Je me tins d'abord au-dessus du pont de Black-Friars, mais, à mesure que les heures de la marée changèrent, j'avançai vers le pont de Londres. C'était le vieux pont de Londres en ce temps-là, et à certaines marées, il y avait là un courant de marée et un remous qui lui donnaient une mauvaise réputation. La première fois que je passai le Moulin du Bord de l'Eau, Herbert et moi nous tenions une paire de rames, et, en allant comme en revenant, nous vîmes le store du côté de l'est se baisser. Herbert allait rarement moins de trois fois par semaine au Moulin, et jamais il ne m'apportait un mot de nouvelles qui fût le moins du monde alarmant. Cependant je savais qu'il y avait des motifs de s'alarmer, et je ne pouvais me débarrasser de l'idée que j'étais surveillé. Une fois cette idée adoptée, elle ne me quitta plus, et il serait difficile de calculer combien de personnes innocentes je soupçonnais de m'épier.
En un mot, j'étais toujours rempli de craintes pour l'homme hardi qui se cachait. Herbert m'avait dit quelquefois qu'il trouvait du plaisir à se tenir à l'une de nos fenêtres quand la nuit était venue, et, quand la marée descendait, de penser qu'elle coulait avec tout ce qu'elle portait vers Clara. Mais je pensais avec horreur qu'elle coulait vers Magwitch, et que toute marque noire à sa surface pouvait être des gens à sa poursuite, s'en allant doucement, silencieusement, et s