Les grandes espérances, page 639 by Charles Dickens
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e coups de poing, et on lui a rempli la bouche de graines pour l'empêcher de crier; mais il a reconnu Orlick, et Orlick est dans la prison du comté.»
Peu à peu nous pûmes causer sans restriction. Je recouvrais mes forces lentement, mais je les recouvrais, et Joe restait avec moi, et il me semblait que j'étais encore le petit Pip.
Car la tendresse de Joe était si admirablement proportionnée à mes besoins, que j'étais comme un enfant entre ses mains. Il lui arrivait de s'asseoir près de moi, et de me parler avec son ancienne confiance, son ancienne simplicité, et son ancienne protection paternelle, de sorte que j'étais tenté de croire que toute ma vie, depuis le temps où j'avais vécu dans la vieille cuisine, était une invention de la fièvre qui était partie. Il faisait tout pour moi, excepté le ménage, pour lequel il avait pris une femme très convenable, après avoir réglé le compte de l'autre, le jour même de son arrivée.
«Je vous assure, Pip, disait-il souvent, pour expliquer cette liberté de sa part, que je l'ai trouvée en train de percer, comme un tonneau de bière, le lit de plume du lit inoccupé, et occupée à mettre les plumes dans un panier pour aller les vendre. Elle aurait ensuite percé le vôtre, et elle l'aurait vidé, vous dessus, et elle aurait emporté le charbon peu à peu dans la soupière et dans le plat aux légumes, et le vin et les liqueurs dans vos bottes à la Wellington.»
Nous attendions avec impatience le jour où je sortirais pour faire une promenade, comme nous avions attendu autrefois le jour où je devais entrer en apprentissage; et quand ce jour arriva, et qu'on eût fait venir une voiture découverte, Joe m'enveloppa, me prit dans ses bras, me desc