Le magasin d'antiquités, Tome I, page 119 by Charles Dickens
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le tableau d'un intérieur extrêmement modeste, pauvre même, mais dont la pauvreté était rachetée par ce confort que la propreté et l'ordre peuvent entretenir dans le logis le plus misérable. Bien qu'il fût tard, comme l'indiquait le coucou qui marquait les heures, la pauvre femme était encore activement occupée à repasser du linge. Non loin du foyer, un jeune enfant dormait dans son berceau; un autre gros enfant, âgé à peine de deux ou trois ans, très-éveillé, ayant un étroit serre-tête, une robe de nuit trop courte pour son corps, était assis dans un panier à linge, et, se tenant droit comme un I, il promenait par-dessus le bord ses yeux tout grands ouverts, ayant bien l'air de s'être promis de ne plus jamais dormir: et, comme il avait déjà refusé de se coucher et qu'il avait fallu le transporter de son lit naturel dans ce panier, son humeur volontaire ne laissait pas que de promettre de l'agrément à ses parents et à ses amis. C'était une drôle de petite famille, Kit, la mère et les enfants, tous taillés sur le même patron.
Kit se sentait disposé à la mauvaise humeur, ainsi qu'il peut arriver au meilleur d'entre nous. Mais il contempla tour à tour le jeune enfant qui dormait profondément, puis l'autre petit frère dans son panier à linge, et enfin la mère qui, depuis le matin, avait été à la besogne sans se plaindre; il se dit alors qu'il serait bien mieux, bien plus filial, de se montrer doux et pacifique. Ainsi il se mit à balancer le berceau avec son pied et adressa une grimace au petit rebelle dans son panier à linge. Il eut bientôt repris toute sa bonne humeur, et se sentit redevenir causeur et communicatif.
«Ah! ma mère, dit-il en ouvrant son couteau et se je