Le magasin d'antiquités, Tome I, page 139 by Charles Dickens

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bé en enfance, et vous rougirez de la sotte folie qui diffame notre premier état de bonheur en osant donner son nom à une image si laide et si difforme.

Le mercredi arriva. Pas de changement chez le vieillard. Cependant le soir même, tandis qu'il était assis en silence auprès de son enfant, il se passa en lui quelque chose de nouveau.

Dans une petite cour sombre, au-dessous de la fenêtre, il y avait un arbre, assez vert et assez touffu pour le lieu où il avait grandi. L'air passait à travers ses feuilles qui jetaient une ombre mouvante sur la blanche muraille. Le vieillard resta à contempler l'ombre qui se jouait ainsi sur ce point lumineux; il demeura à la même place jusqu'au coucher du soleil, et même après que la nuit fut venue et que la lune eut commencé à se lever doucement.

Pour un homme qui avait été si longtemps cloué sur un lit de souffrances, ces quelques feuilles vertes et cette lumière paisible, bien que gâtées par le voisinage des cheminées et des toits, étaient encore agréables à contempler, elles pouvaient faire rêver à des campagnes lointaines, asile du repos et de la paix. L'enfant vit bien plus d'une fois, sans rien dire, que son grand-père était ému. Mais à la fin, le vieillard se mit à verser des larmes, et la vue de ces larmes soulagea le coeur malade de Nelly; puis, il parut vouloir se jeter aux pieds de sa petite- fille et la supplia de lui pardonner.

«Vous pardonner quoi?... dit Nelly qui le retint vivement Oh! grand-papa, qu'ai-je à vous pardonner, moi?

-- Tout ce qui a eu lieu, tout ce qui t'est arrivé à toi, Nell tout ce qui s'est accompli pendant ce malheureux rêve!

-- Ne dites pas cela, je vous en prie. Parlons d'autre chose.

-- Oui, oui, dit-il, parlons d

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