Le magasin d'antiquités, Tome I, page 169 by Charles Dickens
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petites cellules, ils s'agitaient et battaient des ailes. Les souris aux yeux brillants regagnaient leurs étroites retraites, où elles se blottissaient timidement. La chatte du logis, au beau poil lustré, oubliant de poursuivre sa proie, suivait de son oeil clignotant les rayons qui passaient par le trou de la serrure et les fentes de la porte, près de laquelle elle se tenait assise, attendant impatiemment l'instant où elle pourrait se glisser à la dérobée et aller se mettre en espalier au soleil. De plus nobles animaux, confinés dans leurs loges, se tenaient immobiles contre les barreaux, et regardaient, d'un oeil où brillait le souvenir des vieilles forêts, les branches qui s'agitaient et le rayon solaire qui pénétrait par quelque petite croisée; puis ils reprenaient, dans leur course monotone, le chemin dont leur pied captif avait déjà marqué la trace sur le plancher de leur cage, usé par leurs pas impatients; puis, ils s'arrêtaient encore et se mettaient à regarder de nouveau à travers leur grille. Les prisonniers, dans leurs cachots, étendaient leurs membres resserrés par le froid, et maudissaient la pierre humide que le soleil ne venait jamais échauffer. Les fleurs, après leur sommeil de la nuit, ouvraient leurs belles corolles et les tournaient vers le jour. La lumière, âme de la création, était répandue partout, et tout reconnaissait sa loi.
Les deux pèlerins, se pressant souvent la main ou échangeant, soit un sourire, soit un regard amical, poursuivaient leur chemin en silence. Par cette matinée, si éclatante et si belle, il y avait quelque chose de solennel à voir les rues, longues et désertes, véritables corps sans âmes, n'offrant plus que l'image d'un néant uniforme qui les rendait toutes semblables les unes aux autres. &Agrav