Le magasin d'antiquités, Tome I, page 179 by Charles Dickens

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uis entretenu du gazon frais.»

Il secoua la tête, et, regardant sa fille avec des yeux humides.

«N'ayez pas peur, lui dit-il, je ne parlerai plus de cela.» Car il ne voulait affliger personne; et si ses paroles avaient fait de la peine à quelqu'un, il en demandait pardon, après tout.

Le lait arriva, et Nelly, ouvrant son petit panier, y choisit les meilleurs morceaux de pain pour son grand-père. Ils firent ainsi un bon repas. Les meubles qui garnissaient la chambre étaient naturellement très-simples: quelques chaises grossières et une table; un buffet placé dans un coin, avec sa garniture de faïence et de terre jaune; un plateau à thé de couleurs éclatantes, représentant une dame en robe rouge, avec une ombrelle bleue; sur les murs, et au-dessus de la cheminée, un petit nombre de cadres offrant des sujets coloriés, tirés de l'écriture sainte; une étroite armoire à habits, une horloge marchant huit jours, quelques casseroles bien luisantes, et un chaudron, voilà tout le mobilier. Mais tout y était propre et en bon état; et Nelly, en regardant autour d'elle, trouvait un air de tranquillité, d'aisance et de satisfaction, auquel depuis longtemps elle n'était plus accoutumée.

«Combien y a-t-il d'ici à la ville ou au village le plus prochain? demanda-t-elle au mari de la paysanne.

-- Il y a bien cinq bons milles de distance. Mais je pense que vous ne voulez pas y arriver ce soir?

-- Si, si, Nell!... dit vivement le vieillard en faisant des signes à l'enfant. Plus loin, plus loin! Quand nous devrions marcher jusqu'à minuit!...

-- Il y a tout près d'ici, mon brave homme, reprit le paysan une bonne grange... ou bien encore il y a, j'en suis sûr, de quoi vous loger à l'auberge de la Charrue et de la Herse.

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