Le magasin d'antiquités, Tome I, page 29 by Charles Dickens
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vieillard s'était assis; les mains croisées, il regardait tour à tour son petit-fils et son étrange compagnon, comme s'il n'avait plus aucune autorité et qu'il en fût réduit à leur laisser faire ce qu'ils voudraient. Le jeune homme se tenait penché contre une table, à peu de distance de son ami, indifférent en apparence à ce qui se passait; et quant à moi, sentant combien il était délicat d'intervenir, bien que le vieillard eût semblé me demander assistance par ses paroles comme par ses regards, je feignis, de mon mieux, de paraître occupé à examiner quelques-uns des objets exposés pour la vente, sans avoir l'air de faire la moindre attention à la société.
Le silence ne fut point de longue durée: en effet, M. Swiveller qui avait pris la peine de nous donner, dans les chansons qu'il fredonnait, l'assurance mélodieuse que «son coeur était dans les montagnes, et qu'il ne lui manquait que son coursier arabe pour commencer à accomplir de grands actes de bravoure et d'honneur chevaleresque,» détacha ses yeux du plafond et descendit à la vile prose.
«Fred, dit-il, s'arrêtant tout à coup, comme si une idée soudaine lui avait traversé le cerveau, et reprenant sa voix de fausset, le vieux est-il en bonne disposition?
-- Qu'est-ce que cela vous fait? répliqua l'ami d'un ton bourru.
-- Rien; mais je vous le demande.
-- Oui, naturellement. D'ailleurs, que m'importe qu'il le soit ou non?»
Encouragé sans doute, par cette réponse, à se jeter dans une conversation plus générale, M. Swiveller s'attacha à captiver notre attention.
Il commença par faire remarquer que le soda-water, quoique chose bonne en soi, était de nature à refroid