Le magasin d'antiquités, Tome I, page 349 by Charles Dickens
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s attendre jusqu'à onze heures passées, elle s'était mise au lit avec la persuasion que, retenus par l'orage à quelque distance du logis, ils avaient cherché l'abri le plus proche et qu'ils ne pourraient revenir avant le lendemain matin. Aussitôt Nelly se mit avec la plus grande activité à décorer et disposer la salle, et elle eut la satisfaction d'avoir achevé sa tâche et même fait sa petite toilette avant que la favorite de la famille royale passât à table pour déjeuner.
«Nous n'avons eu encore, dit Mme Jarley lorsque le repas fut servi, que huit des jeunes élèves de miss Monflathers depuis que nous sommes ici, et elles sont au nombre de vingt-six, comme me l'a appris la cuisinière à qui j'ai adressé une question ou deux, en la laissant entrer gratis. Il faut les aller trouver avec un paquet de nouveaux prospectus; vous allez vous en charger, et vous verrez, ma chère, quel effet cela pourra produire sur elles.»
Comme l'expédition projetée était de première importance, Mme Jarley ajusta de ses mains le chapeau de Nelly; et, ayant déclaré qu'elle avait l'air très-bien comme ça et ne pouvait que faire honneur à l'établissement, elle la laissa partir avec force recommandations, et munie d'instructions prudentes sur les coins de rue qu'elle devait tourner à droite et ceux qu'elle ne devait pas tourner à gauche. Munie de ces instructions, Nelly trouva sans peine le pensionnat et externat de miss Monflathers. C'était une grande maison avec un mur élevé et une grande porte de jardin avec une grande plaque de cuivre, et un petit grillage à travers lequel la gardienne du parloir de miss Monflathers examinait tous les visiteurs avant de leur permettre d'entrer. Pas l'ombre d'homme, pas même un laitier, n'était admis, à