Le magasin d'antiquités, Tome I, page 369 by Charles Dickens
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même de la partie adverse; de son côté, miss Sally Brass, assise sur son tabouret également, taillait une plume pour transcrire un petit exploit, ce qui était son occupation favorite. Depuis longtemps ils gardaient le silence. Ce fut miss Brass oui le rompit en ces termes:
«Aurez-vous bientôt fini, Sammy?»
Car, sur ses lèvres douces et féminines, le nom de Sampson s'était transformé en Sammy; c'est ainsi qu'elle donnait de la grâce à toute chose.
«Non, répondit le frère; j'aurais fini si vous m'aviez aidé en temps utile.
-- C'est cela! s'écria miss Sally, vous avez besoin de moi, n'est- ce pas? quand vous allez prendre un clerc!
-- Est-ce pour mon plaisir, ou par ma propre volonté, que je vais prendre un clerc, coquine, querelleuse que vous êtes! dit M. Brass en mettant sa plume dans sa bouche et faisant la grimace à sa soeur. Pourquoi me reprochez-vous de prendre un clerc?»
Ici nous ferons observer, de peur qu'on ne s'étonne d'entendre M. Brass appeler coquine une dame comme il faut, qu'il était tellement habitué à la voir remplir auprès de lui des fonctions viriles, qu'il s'était peu à peu accoutumé à lui parler comme à un homme. Sentiment et usage réciproques, du reste; car non-seulement il arrivait souvent à M. Brass d'appeler miss Brass une coquine, et même de placer une autre épithète devant celle de coquine; mais miss Brass trouvait cela tout naturel, et n'en était pas plus émue que ne l'est une autre femme quand on l'appelle mon ange.
«Pourquoi me tourmentez-vous encore au sujet de ce clerc, après m'en avoir déjà parlé trois heures hier au soir? répéta M. Brass grimaçant de nouveau, avec sa plume entre les den