Le magasin d'antiquités, Tome I, page 389 by Charles Dickens
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. Et ne le dérangez pas non plus de sa besogne, ajouta-t-elle en montrant Richard du bout de sa plume. Il n'en fera pas plus qu'il ne faut, n'ayez pas peur.»
M. Brass avait évidemment bonne envie de lancer à sa soeur une verte réplique; mais il en fut détourné par des considérations de timidité ou de prudence, et se borna à murmurer des mots isolés comme «aggravation: vagabond,» sans désigner personne par ces mots, mais en les jetant d'inspiration, comme s'ils se rattachaient à quelque idée abstraite qui lui fût venue à l'esprit.
Tous trois après cela se mirent à écrire longtemps en silence, un silence si profond, que M. Swiveller, qui avait besoin d'une certaine excitation pour travailler, s'endormit à plusieurs reprises, et écrivit, les yeux fermés, des mots étranges en caractères inconnus. Tout à coup, miss Sally rompit la monotonie qui régnait dans l'étude en ouvrant sa petite boîte de métal, où elle prit une pincée de tabac qu'elle aspira bruyamment, et en disant que c'était la faute de M. Richard Swiveller.
«Qu'est-ce qui est de ma faute? demanda Richard.
-- Vous savez bien, dit miss Brass, que le locataire n'est pas levé encore; qu'on ne l'a ni vu ni entendu depuis qu'il s'est mis au lit hier dans l'après-midi.
-- Eh bien, madame, je suppose qu'il est libre de dormir tranquillement tout son soûl, ou plutôt tout son comptant pour ses deux cent cinquante francs.
-- Ah! je commence à croire qu'il ne se réveillera jamais.
-- C'est une circonstance remarquable, dit Brass mettant de côté sa plume; oui, une circonstance remarquable. Monsieur Richard, si l'on venait à trouver ce gentleman pendu à la colonne du lit, ou si quelque autre acc